Diacritik publie : « il suffit de traverser la mer », un feuilleton composé par la poétesse Catherine Weinzaepflen.
A
sur tapis blanc
signes violets
une rangée d’écriture
violet d’encre
en pensée fugace
elle chante
déliant le fil
comme on fait
de la voix
montagne verte
elle chante le
paysage berbère
et bientôt une ligne
de ^^^^^ verts
l’Algérienne n’a pas
dessiné de maquette
à ce nouveau tapis
elle avance à l’instinct
sinon je m’ennuierais
Théo incidemment :
ne t’ont-ils pas demandé
le même ?
elle rit
l’Algérienne rit lorsque
Théodore parle comme
dans les livres
ça lui plaît
et ça la fait rire
elle poursuit
ardemment
le tapis non prémédité
B
la blonde dort
une nuit complète
de plein sommeil
c’est rare
un homme
père ou ami
pas un amant
régentait dans son rêve
un ailleurs magique
toute querelle
toute contrariété
se résolvait par l’envol
dans un lieu de douceur
nimbé de brume
celui qui avait créé
ce lieu de repli idéal
y œuvrait avec constance
secouriste
de chaque instant
dans son diary
une ekphrasis :
bleu légèrement ouaté
ce n’est pas le ciel
mais une enveloppe
à la scène
ombres rouges
la foule des réfugiés
au premier plan
le protecteur
omniprésent
n’est pas
dans l’image du rêve