Catherine Weinzaepflen : il suffit de traverser la mer (feuilleton/28)

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Diacritik publie : « il suffit de traverser la mer », un feuilleton composé par la poétesse Catherine Weinzaepflen.

 

A

sur tapis blanc

signes violets

une rangée d’écriture

violet d’encre

en pensée fugace

 

elle chante

déliant le fil

comme on fait

de la voix

 

montagne verte

elle chante le

paysage berbère

et bientôt une ligne

de ^^^^^  verts

 

l’Algérienne n’a pas

dessiné de maquette

à ce nouveau tapis

elle avance à l’instinct

 

sinon je m’ennuierais

 

Théo incidemment :

ne t’ont-ils pas demandé

le même ?

elle rit

l’Algérienne rit lorsque

Théodore parle comme

dans les livres

ça lui plaît

et ça la fait rire

 

elle poursuit

ardemment

le tapis non prémédité

 

B

la blonde dort

une nuit complète

de plein sommeil

c’est rare

 

un homme

père ou ami

pas un amant

régentait dans son rêve

un ailleurs magique

toute querelle

toute contrariété

se résolvait par l’envol

dans un lieu de douceur

nimbé de brume

celui qui avait créé

ce lieu de repli idéal

y œuvrait avec constance

secouriste

de chaque instant

 

dans son diary

une ekphrasis :

bleu légèrement ouaté

ce n’est pas le ciel

mais une enveloppe

à la scène

ombres rouges

la foule des réfugiés

au premier plan

le protecteur

omniprésent

n’est pas

dans l’image du rêve