Une ode aux années 80 et à leur liberté oubliée en huit chansons et une trentaine de minutes : le nouveau disque de Flora Fishbach tient de l’antidote de joie pour contrer un mois de septembre poisseux ou bien peu de disques surnagent à la surface de la mare imposante des sorties.

L’album, court et lumineux, se déploie sur des synthétiseurs, nappes rebondissantes autour de la voix dansée de la jeune femme qui, dans le single Comme Jean Reno, part dans les aigus, tourbillonnante : « Je plonge dans les abysses comme Jean Reno. » Et le vrai acteur de lui répondre, tel un Maître Yoda caverneux : « Flora, qu’est ce que tu racontes ? Réveille toi, tu vaux mieux que ça. Ne laisse pas la nuit t’avaler. »
Dans Des bêtises, scindée en deux parties, voici la voix puissamment érotique, confessant « J’en ai fait des bêtises… mais alors toi… je sais qu’on va faire une bêtise. Y’ a quelque chose dans l’atmosphère : qu’est-ce qu’on va se faire… » et le refrain tire au clair l’axe de désir de la chanson : « Tout c’que je fais, c’est vraiment pour te plaire ». On répète à l’infini et on la suit à tue-tête parce qu’on a alors plus de tête, que tout est plus léger avec ces chansons-là, simples, amples et aériennes, que tout s’ouvre librement aux phénomènes, comme dans Meryl Streep libre où les synthés cette fois se croient clavecins et n’apportent que leur présence insigne, sans chant.
Flora Fishbach, Val Synth, 12 septembre 2025, label Créature.