Nous voici enfin au seuil de la dernière pièce, la représentation se termine. Avec le lieu le plus intérieur sans doute, le plus intime certainement, le plus chargé, aussi, puisque, dans l’univers de Thomas Clerc, la chambre est indissociable d’un autre Dans ma chambre, signé Guillaume Dustan (et rappelons que Thomas Clerc publie les Œuvres complètes de Dustan aux éditions P.O.L.)

Capture d'écran d'un reportage d'Arte chez Thomas Clerc
Capture d’écran d’un reportage d’Arte chez Thomas Clerc

Xavier de Maistre parlait de son Voyage autour de ma chambre comme d’une « excursion », donnant au verbe « extravaguer » un double sens — souligné par le néologisme : se promener (tout droit, en diagonales, en zigzags) mais aussi errer dans sa tête, au risque de la folie. Même prose excentrique chez Thomas Clerc (le bien nommé, d’ailleurs, au point qu’on a oublié de le souligner, mais Thomas Clerc le fait lui-même) alors que se profile la cuisine, « cœur de la maison », pièce fonctionnelle et bien plus que cela, on s’en doute, le lecteur est désormais « prévenu ». D’ailleurs, c’est, selon l’auteur, la « pièce principale ». Mais interdite aux obèses et géants (du fait de son porche étroit — d’ailleurs Édouard Levé devait se baisser pour entrer, cf. L’homme qui tua Roland Barthes (et autres nouvelles), page 328.

The Cure (1979) — Three Imaginary Boys (et… Thomas Clerc)
The Cure (1979) — Three Imaginary Boys (et… Thomas Clerc)