Frères migrants de Patrick Chamoiseau vient de paraître au Seuil : l’occasion, pour Diacritik d’un grand entretien avec l’écrivain qui évoque la mondialisation déshumanisante, le « Tout-Monde », Édouard Glissant, la créolité, la littérature et un monde qui pourra se construire « non pas selon les modalités de la communauté, mais sur la base de solidarités multidimensionnelles, évolutives, et de fraternités imprévisibles et transversales ».

Bourmeau Bâtonnage

Ce n’est pas tous les jours qu’apparaît un nouveau genre ou une nouvelle forme littéraire. Or, voici que l’événement se produit avec le Bâtonnage que propose Sylvain Bourmeau (il fut directeur adjoint de Libé). Mais littéraire vraiment ? En fait, Bourmeau s’inspire d’une technique propre à son métier de journaliste et qui consiste à biffer dans une dépêche d’agence et à l’aide d’un feutre noir tout le superflu, tout ce qui fait redondance, avant d’introduire l’article dans la page.

Sylvain Bourmeau © Jérôme Bonnet
Sylvain Bourmeau © Jérôme Bonnet

« On rature machinalement avec un vieux bic les mots et les chiffres écrits par d’autres sur le recto d’un bottin tenu par une chaine dans une cabine téléphonique : ça finit par faire un trou » clame avec son énergique détermination Olivier Cadiot à l’entame de son Histoire de la littérature récente, tome 1 comme pour venir tracer du geste inaugural d’écrire au contemporain de nous la nécessité neuve de se sauver des chaines continues de discours qui, au quotidien, empêchent la parole de se dire. À l’évidence, cette impérieuse injonction à raturer tous les langages pour trouver sa voix et à se soulever devant le gribouillage aveugle et bavard d’un monde pour écrire un livre et faire trou dans la parole pourrait tenir lieu de parfaite escorte à la lecture sinon de programme d’écriture au salutaire et singulier premier livre de Sylvain Bourmeau, Bâtonnage paru en cette rentrée d’hiver chez Stock.