Gay Talese
Gay Talese

La littérature du réel a le vent en poupe, comme la narrative non-fiction, en témoigne la parution en poche aujourd’hui, chez Points, du Motel du voyeur, signé par l’un des papes américains du genre, Gay Talese, considéré comme le fondateur du Nouveau Journalisme, avec des livres comme Sinatra a un rhume ou Ton père honoreras.
Le Motel du voyeur, couronné par le Prix Sade lors de sa parution en grand format (2016) aux éditions du Sous Sol, est sans doute l’entreprise limite du genre, interrogeant l’éthique et la moralité journalistiques, au point d’avoir provoqué un scandale aux États-Unis, une forme de couronnement paradoxal pour l’auteur de 84 ans.

Gay Talese
Gay Talese

La littérature du réel a le vent en poupe, en ce mois de novembre, comme l’a mis en lumière le double prix Medicis 2016 : or les éditions du Sous-Sol sont un passeur inlassable de la narrative non-fiction et viennent justement fait paraître le dernier livre de l’un des papes américains du genre, Gay Talese, Le Motel du voyeur. Gay Talese est considéré comme le fondateur du Nouveau Journalisme, avec des livres comme Sinatra a un rhume ou Ton père honoreras. Le Motel du voyeur (2016) est sans doute l’entreprise limite du genre, interrogeant l’éthique et la moralité journalistiques, au point de provoquer un scandale aux États-Unis, une forme de couronnement paradoxal pour l’auteur de 84 ans.

Jeudi 3 novembre à partir de 19h, Diacritik vous propose d’assister en direct à une conversation entre le philosophe Armen Avanessian et le théoricien de la littérature Lionel Ruffel. Cette rencontre animée par Jean-Max Colard et Johan Faerber sur la question du « post-contemporain » a lieu au Centre Pompidou (dans la Petite Salle) et sera par ailleurs retransmise en simultané sur Diacritik.

Armen Avanessian
Armen Avanessian

Le 3 novembre prochain aura lieu au Centre Pompidou à 19h, en partenariat avec Diacritik, une conversation entre le philosophe Armen Avanessian et le théoricien de la littérature Lionel Ruffel, animée par Jean-Max Colard et Johan Faerber dans la Petite Salle sur la question du « post-contemporain » et sur ce que recouvre ce terme qui entend refonder notre rapport au temps, au futur et au présent. En préambule à cette rencontre qui sera retransmise en livestreaming sur notre site, Diacritik publie aujourd’hui, présentée par Lionel Ruffel, l’introduction à The Time-Complex. Postcontemporary, texte majeur co-écrit avec le théoricien de l’art Suhail Malik et traduit de l’anglais par Johan Faerber.

Camille de Toledo
Camille de Toledo

Après avoir clôturé en 2014 son ample et vertigineuse trilogie européenne avec Oublier, trahir, puis disparaître, Camille de Toledo offre en cette rentrée 2016 Les Potentiels du temps en compagnie de Kantuta Quiros et Aliocha Imhoff, large et vibrante réflexion sur notre époque hantée de fins et de catastrophes, en particulier dans ses rapports à l’art et à la politique. Premier volet d’une nouvelle trilogie qui examinera philosophiquement et plastiquement ce temps de la charnière d’un siècle l’autre, Les Potentiels du temps revient pour les reprendre et les prolonger en des voies nouvelles sur des questions au travail chez Camille de Toledo depuis son premier essai, L’Adieu au XXe siècle paru il y a bientôt une quinzaine d’années. L’occasion pour Diacritik d’interroger l’écrivain sur l’ensemble d’une œuvre qui compte désormais comme l’une des plus singulières et importantes du contemporain.

Jean Rolin © Olivier Roller
Jean Rolin © Olivier Roller

On connaît le tropisme maritime de Jean Rolin avec ses diverses modulations, depuis les espaces portuaires de Terminal Frigo (P.O.L, 2005) jusqu’au projet de traversée à la nage du détroit du même nom dans Ormuz (P.O.L, 2013) en passant par le trajet en cargo entre Europe et Afrique dans L’Explosion de la durite (P.O.L, 2007) – un tropisme dont témoigne d’une autre manière un recueil de textes journalistiques comme Vu sur la mer (La Table Ronde, « La Petite Vermillon », 2012). On sait aussi comment les guerres du xxè siècle et les conflits contemporains disséminés à travers le monde hantent son œuvre, de façon plus ou moins directe ou souterraine (Campagnes, Gallimard, 2000, Un chien mort après lui , P.O.L, 2009 ou L’Explosion de la durite). Avec son dernier texte, Peleliu (P.O.L., 2016), l’écrivain croise d’une façon encore inédite ces deux dimensions en prenant pour objet d’écriture une île du Pacifique qui fut le théâtre d’une terrible bataille pendant la Seconde Guerre mondiale et dont le narrateur va s’employer à arpenter le territoire aussi limité (13 km2) que parfaitement circonscrit du fait de son caractère insulaire.

L’histoire du cinéma ne se confond pas avec celle des images. L’histoire du cinéma, ce serait peut-être toujours l’histoire d’une image absente, d’une image manquante, d’une image négative, d’une image qu’on ne voit pas, d’une image qui fait défaut, d’une image à la fois absolue (sur-visible) et ultime (qui annulera toutes les autres) qui aurait valeur de totalité, qui serait en somme la clef du visible.

James Donovan (Tom Hanks) suivi par un agent de la CIA
James Donovan (Tom Hanks) suivi par un agent de la CIA

Dans le magistral et ultime tome de La Maison Cinéma et le monde consacré au crépusculaire mais flamboyant moment Trafic de sa vie bientôt abruptement achevée, Serge Daney livre, depuis le terrible foudroiement de la pensée que la claire imminence de la mort rend inéluctable, une définition du cinéma énoncée dans un parfait cristal de vérité : « Le cinéma est l’art du présent, c’est-à-dire l’art de ce qui a été présent au moins une fois. » Force est de reconnaître, à regarder Le Pont des Espions, le dernier film de Steven Spielberg qui sort ce mercredi, qu’une telle formule du cinéma fondée sur l’expression absolue d’un sentiment du présent n’emporte aucune image, ne traverse aucun plan, n’habite aucune scène d’un film qui fait du Passé, élevée à la terrible majuscule de statue du Commandeur, sa valeur refuge, sa zone anomale, son repli ultime, son art à valeur de contresens ardent du monde : où, pour Spielberg, la salle de cinéma devient le bunker d’un cinéaste aveugle.

J’ai bien aimé le dernier James Bond. Je pourrais m’arrêter là, je vous ferais gagner du temps avec la plus courte critique de Spectre (et même lancer une nouvelle école de critique), mais, d’une part, j’ai un peu de temps devant moi avant la prochaine séance, et d’autre part, si je l’affirme aussi directement, comme on affirme qu’on est alcoolique chez les A.A., c’est parce que j’ai l’impression ces derniers jours d’être le seul à avoir bien aimé le dernier James Bond.