Jeudi 26 septembre, une pluie poisseuse s’étalait sur Paris lorsque Alone, une nouvelle chanson de The Cure est apparue sur les sites de streaming, annonçant la sortie d’un album intitulé Songs of a lost world pour le 1er novembre. La collusion de ces petits évènements tombe sous le sens pour qui estime que la formation de Robert Smith fonde depuis toujours une mélancolie ontologique, approfondissant son sens en mélodies.
Robert Smith
En 1992, The Cure accède à la plus grande popularité mondiale avec son neuvième album Wish qui atteint la première place des charts anglais et la deuxième aux USA, porté par le single Friday i’m in love que vous fredonnez peut-être déjà au moment d’en lire le titre. Une nouvelle écoute du disque qui ressort dans une version remasterisée par Robert Smith et « augmentée » (mot à la mode mais qu’il ne faudrait pas abandonner au monde de la réalité digitale) de 24 titres et démos inédits nous ouvre à un authentique joyau subtilement poli par les 30 ans qui nous séparent de sa création.
Mythe pop, mastodonte gothique, icône occidentale : tout semble dit sur The Cure qui vient de faire l’unanimité au festival Rock en Seine vendredi 23 août 2019. Pourtant, en se promenant dans les immenses espaces du domaine national de Saint-Cloud, le sens d’un groupe qui a déjà traversé quatre décennies se révèle toujours plus profond.