Angels in America (DR)

« Look up ! ». L’injonction de cet ange descendant des cieux, cassant le plafond de Prior alité malade du sida, est certainement un des souvenirs les plus prégnants de celleux qui ont vu la magnifique adaptation d’Angels in America en minisérie en 2003. La pièce de Tony Kushner (Angels in America : A Gay Fantasia on National Themes) a en revanche rarement l’occasion d’être montée au théâtre. Si elle relève d’enjeux de représentations sur le sida au cœur de l’intrigue et de son identité profonde, elle aborde également d’innombrables autres sujets (racisme, coming out, couple, environnement, inégalités, religion, etc.) qui s’entremêlent pour former une fresque tragique d’une Amérique en prise avec ses démons.
Depuis le 15 novembre et jusqu’au 10 décembre 2017, Aurélie Van Den Daele revisite la pièce avec une mise en scène résolument contemporaine et une compagnie de comédien.ne.s remarquables au Théâtre de l’aquarium. Entretien.

 

Jay McInerney

En 1992, Jay McInerney, déjà auteur du sensationnel Bright Lights, Big City (1984), publie Brightness Falls qui paraît l’année suivante en France, sous le titre Trente ans et des poussières. Ainsi s’ouvrait un cycle romanesque autour d’un couple incarnant à la fois un lieu (New York) et un moment (les eighties), Russell et Corrine Calloway que l’écrivain ne parviendra jamais vraiment à abandonner.
Saga romanesque à la manière d’une comédie humaine américaine, cycle en saisons et épisodes comme les meilleures séries télé, l’histoire des Calloway a doublé et accompagné nos existences, comme les mutations sociales, artistiques et politiques de ces dernières décennies.
Alors que paraît aujourd’hui le dernier volume en date, Les Jours enfuis, arrêt sur le tome (ou saison) 1 : les années 80 avec Trente ans et des poussières, qui ressort justement en poche, chez Points.

Voilà bientôt une année, comme par surprise à soi, que Prince nous a quittés, jour pour jour. Ce sinistre premier anniversaire est marqué par la sortie d’un EP inédit, Deliverance, sans doute écrit et interprété entre 2006-2008, période féconde pour celui qui se faisait appeler The Artist mais aussi par une somme de biographies dont on retiendra, lumineuse, érudite et généreuse, celle d’Alexis Tain, Prince : Le Cygne Noir à la Découverte.
Car on le sait désormais depuis un an, comme une rumeur folle, comme une évidence indépassable : Prince n’aura vécu que 8 ans.

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Les éditions du Sous-Sol publient le premier livre de Ted Conover, Rolling nowhere, sous le titre Au fil du rail, un reportage. L’occasion pour Diacritik de rencontrer l’une des grandes figures du journalisme américain et d’évoquer avec lui les quatre mois qu’il a passés en 1980 avec les « hobos », la forme très particulière qu’il a donné à ce livre devenu culte et de l’interroger sur sa définition du journalisme, alors que son sixième livre, qui doit paraître cette année aux USA, est justement une réflexion sur ce sujet.

Depuis 1980, Prince n’a cessé de s’inventer depuis sa mort, depuis ce qu’il a pressenti être son irrémédiable disparition à chacun, depuis ce moment où, sans que l’on sache quand, dans une scène primitive, noire et dérobée, il aura su sans doute voir combien sa musique devait procéder avec méthode d’une Apocalypse d’outre mesure et d’outre temps.

Prince en 1980
Prince en 1980

Sans doute Prince pourra-t-il demeurer dans les mémoires chacune pour avoir été le premier musicien né après la musique. Sans doute, comprend-t-il, un soir d’avril 1980 alors qu’il vient achever quelques dates de sa première tournée, dans un temps décidément où il ne parvient pas encore à naître à lui-même en dépit de déjà deux albums où sa voix tente de forer le lisse de toute chanson, sans doute saisit-il ainsi au volant d’une voiture dont le souvenir est inconnu de nous que toute chanson est finie.