Avec La Vie légale, Dominique Dupart signe le grand roman social que l’on n’attendait plus et qu’on ignorait même attendre. Car voilà bien longtemps que l’on n’avait pas écrit ni décrit avec une telle force la société française depuis son marasme politique et sa folie réactionnaire. Récit aussi vif que magistral sur la France des années 2000, La Vie légale dépeint notamment l’histoire de Joséphine, de madame Dabritz, de Blanche ou encore Marianne-Lalie qui, dans le très remuant automne 2001, mènent un combat déterminant dans autant d’existences précaires. Sans faillir, dans une diction entre Quintane, Stendhal et Echenoz, le roman brasse et embrasse tout ce qui d’ordinaire est laissé à la prose d’extrême-droite : le voile, les cités, les sans-papiers ou encore Napoléon car Dupart invente ici un contre-roman national d’ampleur. Diacritik ne pouvait manquer d’aller interroger la romancière le temps d’un grand entretien.

Claude Simon, ce serait, décidément, mort ou vivant, l’éternelle bataille de la phrase. Telle serait la conclusion hautement morale et finement désabusée qui viendrait conclure le canular dont chacun depuis lundi s’émeut : deux amis, Serge Volle, écrivain et peintre de 70 ans et un « ami écrivain très connu dont Volle ne veut pas dire le nom » affirment qu’aucun éditeur aujourd’hui « n’accepterait de publier Claude Simon ». Décision est alors prise d’envoyer 50 pages du Palace, roman de Claude Simon, à « dix-neuf éditeurs, petits et grands ». Le constat est sans appel : sur les 19 éditeurs dont le nom demeure un mystère dans l’histoire de l’humanité, 7 ne prennent pas la peine de répondre quand 12 le refusent au prétexte notamment de « phrases sans fin… qui font perdre le fil au lecteur ». La démonstration serait donc faite, et elle prendrait les allures d’un crime de lèse-majesté de la Littérature même : le Prix Nobel de 1985 ne pourrait plus être publié en 2017.