Ça commence comme une fête. Une fête d’aujourd’hui pulsée par les basses et arrosée par des bières. Une partie des spectateurs descend sur le plateau, y traine un peu, ravie de regarder la salle depuis la scène. Puis s’agglomère paisiblement autour des platines, près des enceintes qui diffusent un set électro. Ça oscille, ça ondule, un verre à la main, un œil sur l’écran qui en fond de scène indique d’abord juste le titre du spectacle et un repère : Berlin, 1983.

Et si le théâtre était un art mort ? Un art dépassé, écrasé par son brillant passé et que, désormais, il gisait inerte dans notre présent, incapable de le comprendre et de s’en saisir ? C’est, à n’en pas douter, la question violente, essentiellement conflictuelle que Julien Gosselin pose avec une rare force dans son nouveau spectacle Le Passé qui se joue actuellement à L’Odéon jusqu’au 19 décembre.