Le plus simple, pour présenter Le Bal des ombres de Joseph O’Connor, serait de dire qu’il s’agit d’une pièce à trois personnages — Bram Stoker, futur auteur de Dracula, l’immense acteur shakespearien Henry Irving et Ellen Terry, la Sarah Bernhardt anglo-saxonne, soit un trio gravitant autour d’un théâtre londonien, le Lyceum. Mais le roman excède largement cette dimension : Le Bal des ombres est aussi une fresque chatoyante du Londres victorien et, surtout, une puissante réflexion incarnée sur la création théâtrale comme littéraire.

Diacritik a toujours eu à cœur de défendre la littérature étrangère et ceux sans lesquels elle demeurerait inaccessible à une grande partie du lectorat français : les traducteurs. Carine Chichereau, traductrice de très nombreux auteurs anglo-saxons, a accepté de tenir une rubrique régulière dans nos colonnes, pour évoquer, en vidéo, un texte dont nous lui devons la version française. Aujourd’hui, Le Bal des Ombres de Joseph O’Connor, tout juste paru aux éditions Rivages.

A l’automne 2016, la revue TransLittérature proposait un numéro consacré à des portraits de traducteurs, une manière de mettre à l’honneur ces acteurs essentiels du monde du livre, cependant trop souvent ignorés dans la presse qui parle souvent des livres étrangers comme s’ils s’étaient miraculeusement traduits tout seuls. Sans les traducteurs, pourtant, qui pourrait avoir un accès aussi large aux littératures du monde ?
Chez Diacritik, pas de numéro spécial mais la mention systématique (et naturelle) de leurs noms et des articles réguliers sur le travail de plusieurs d’entre eux, Laurent Margantin, Danièle Robert, Julia Chardavoine pour ne citer que les derniers. Et aujourd’hui un long entretien avec Carine Chichereau, traductrice de l’anglais.