Lors d’un dîner avec Joyce Carol Oates, raconté dans Sur la route et en cuisine, Rick Bass cite Richard Ford et sa « philosophie du lapin écrasé : quand on est critique littéraire, dit Ford, il est absurde de rédiger la critique d’un livre qu’on n’aime pas. Autant rouler sur la route et faire un écart pour écraser un lapin ». Critique garantie sans lapin du dernier livre de Rick Bass qui vient de paraître chez Bourgois dans une traduction de Brice Matthieussent.

Deux mois jour pour jour séparent l’ouverture de la huitième édition du Festival America de Vincennes de l’élection présidentielle américaine. Sans abuser de la symbolique, rappelons que 2016 est l’année d’un double anniversaire : le 140è de la Déclaration d’indépendance des États-Unis et le 15è depuis le tristement et dramatiquement célèbre 11 septembre 2001.

Jim Harrison
Jim Harrison

Jim Harrison, géant des lettres américaines, est mort hier, on vient de l’apprendre. Une crise cardiaque a eu raison du « Gargantua yankee », chez lui, en Arizona. Big Jim laisse derrière lui des romans, des nouvelles et des recueils de poésie. Il était très lu en France, ce qui plaisait à ce grand amoureux de notre pays, de ses tables et de ses vignobles, comme des Péchés capitaux, son dernier livre (Flammarion, 2015). Toute son œuvre aura été Une odyssée américaine, titre de l’un de ses romans, celle de l’Amérique rurale, des grands espaces, des Indiens, d’une forme de contre-culture. En marge, toujours, titre de ses mémoires (Bourgois, 2003), récit autobiographique et hymne à la littérature. « Je ne ressens pas la moindre impression de « fermeture » en achevant ces mémoires », écrivait-il alors, « je verrai bien jusqu’où la vie m’emmènera ».