8 février 2026. Vu quatre jours après sa sortie The Mastermind, neuvième long métrage de Kelly Reichardt. Ce film d’une grande exigence – cent-dix minutes de pur plaisir – dispense de marmotter à son sujet après le générique de fin. Même si tout s’est gravé dans la tête, comme sans y penser, il faut faire quelques pas à l’air frais avant de retrouver le chemin des mots – ce qui est toujours bon signe.

23 juin 2024. Bientôt en pause estivale, cette chronique – qui devrait, comme ce fut le cas en 2022 et 2023, totaliser 31 épisodes (+ 2 ou 3 « hors-série ») à la fin de l’année – n’a pas la prétention d’avoir épuisé la pile des ouvrages non abandonnés après lecture. Comme déjà dit, trouver les mots justes pour répondre à ce qui a ouvert un espace de dialogue n’est jamais évident – et pas seulement faute de temps. Quant à ce qui ne nous a pas touché mais que nous désirons cependant faire passer, n’en parlons pas. La tentation du silence n’aura jamais été aussi vive, par sens indien de la réserve.

5 décembre 2022. L’automne touche à sa fin. Il est temps de clore cette année de “Choses lues, choses vues” avec ce dernier épisode qui porte, un peu par hasard, le n° 31, ce qui tombe plutôt bien parce que ce 5 décembre marque le 90e anniversaire de la naissance de Jacques Roubaud, auteur de Trente-et-un au cube (1973) et dont le dernier livre paru l’an dernier chez Gallimard, Chutes, rebonds et autres poèmes simples, présente une suite de poèmes en six lignes ainsi construits : 3 – 5 – 7 – 5 – 3 – 8 = 31 syllabes (ou sons – soit le même nombre que pour le tanka, lui, en cinq lignes :  5 – 7 – 5 – 7 – 7). Nous ne ferons pas ici la recension de trente-et-un ouvrages, mais ce nombre se retrouvera en tant que contrainte secrète nous incitant à épuiser la petite pile qui nous fait signe chaque matin, sur l’air de : “ne nous oublie pas”.