Les Mille et Une Nuits, le dix-septième soir, Sanî’-ol-Molk, 1849-1856

Injustement méconnu en dehors de cercles restreints et spécialisés, le nom de cet intellectuel majeur de double culture n’est situé par votre interlocuteur que si vous ajoutez, « vous savez le traducteur avec André Miquel des Mille et une nuits dans la nouvelle édition de la Pléiade ? ». « Ah ! oui, bien sûr ! »

Tassadit Imache

Tassadit Imache revient à la fin de ce mois d’août 2017, après un long silence, avec un beau récit épuré et bruissant de silences et de traces mémorielles, Des cœurs lents, édité aux éditions Agone à Marseille, dans la collection « Infidèles », présentée ainsi : « Montrer ce qui pourrait être plutôt que ce qui est, mettre à l’épreuve des rêves et non se lamenter des faits, vêtir les vaincus d’étoffes victorieuses et donner à l’imagination l’injustice à ronger : voici quelques-unes des visées de la littérature publiée dans la collection ‘Infidèles’, qui contourne soigneusement utilitarisme partisan, tours d’ivoire dorées, traductions littérales et dogmes sacrés. »
Tout un programme pour éditer des œuvres de qualité, en marge souvent des attentes orientées d’un public de lecteurs.

Tierno Monénembo

Double opportunité aujourd’hui d’évoquer l’œuvre de l’écrivain guinéen Tierno Monénembo, résidant hors de son pays depuis près de cinquante ans : le palmarès des grands prix de l’Académie française ce 23 juin, l’associe à 62 autres noms. Il est particulièrement mis à l’honneur avec le Grand prix de la francophonie que des écrivains prestigieux avant lui ont également obtenu. Par ailleurs, son roman de 2012, consacré à Addi Bâ, de son vrai nom, Mamadou Hady Bah (1916-1943), sous le titre Le terroriste noir, a été porté à l’écran par Gabriel Le Bomin sous un autre titre, Nos patriotes.

Antonine Maillet
Antonine Maillet

On sait, sans qu’il soit besoin d’y insister, que les prix littéraires sont un poste d’observation très intéressant de ce que les institutions reconnaissent et transmettent. Après tant d’autres, je me propose d’observer le Goncourt. Comme l’écrit Christine Marcandier : « Le Goncourt reste le Goncourt ce prix qu’on adore détester parce qu’il récompense trop souvent (voire quasi systématiquement) des livres mineurs. Ce prix que l’on est prêt à encenser quand il ose des choix plus novateurs et offre à des écrivains moins médiatiques une soudaine exposition (et des lecteurs) ».
Ce qui m’y incite cette année, c’est évidemment d’approcher les raisons du choix pour Leïla Slimani.