Incisif, juste et remarquable : tels sont les mots qui viennent à l’esprit pour qualifier Un hamster à l’école de Nathalie Quintane qui paraît aujourd’hui. Entre autobiographie et réflexion, Quintane évoque avec force son expérience de l’école, de la collégienne qu’elle fut à l’enseignante en collège qu’elle est désormais depuis bientôt une trentaine d’années. Physique, politique, sociale : l’école est pour Quintane une traversée totale. Elle interroge autant les discours que chacun tient sur l’Éducation nationale que sa place dans la société. Diacritik ne pouvait manquer, à la parution de ce livre qui vite s’imposera vite comme un classique, d’aller à la rencontre de Nathalie Quintane pour un grand entretien.

Que collectivement, nous enseignants du secondaire et de philosophie, ne soyons pas à la hauteur du mouvement des Gilets jaunes qui dénonce un appauvrissement matériel et une aliénation morale qui minent toute la société française – notre métier étant loin de faire exception puisque la réforme du lycée va le vider de tout sens en l’hybridant, et en rendant définitivement impossible son exercice avec l’augmentation des effectifs par classe (ah la maïeutique avec 35-40 élèves !) – cela semble indubitable.

Macron, c’est l’avènement d’une ère, celle de la responsabilisation comme discours criminogène. Comment ne pas être stupéfait par les propos tenus sur la vidéo postée par sa conseillère, propos tenus par celui qui vous sert de président depuis bientôt un an ? Le discours ici proféré s’appuie sur une notion clef de l’ère criminogène : la responsabilisation. Les aides sociales coûtent « un pognon de dingue », elles ne servent à rien : les pauvres demeurent toujours en dépit des aides pharaoniques accordées toujours invariablement pauvres. Ils sont toujours à eux-mêmes leur propre tautologie, c’est ça qui est désespérant, donc inutile. Il va falloir, dit Macron, les responsabiliser.