Il y a beaucoup de choses à dire sur l’adaptation télévisée du roman culte de Margareth Atwood diffusée sur OCS Max depuis le 26 juin dernier. Dire comment d’un livre paru pour la première fois en 1985, une plateforme américaine de vidéo à la demande a tiré ce qui est probablement une des meilleures séries télé de ces dix dernières années. Dire pourquoi le livre est réédité chez Pavillons Poche avec un bandeau proclamant « le livre qui fait trembler l’Amérique de Trump ». Dire, enfin, la dystopie comme prisme des peurs et des aspirations du monde actuel.

 

Un jour dans la vie de Billy Lynn, Photo Joe Alwyn, Copyright 2016 Sony Pictures Releasing GmbH

Le film de Ang Lee, Un jour dans la vie de Billy Lynn, est en salles depuis le 1er février. Le scenario de Jean-Christophe Castelli est l’adaptation d’un roman remarquable de Ben Fountain, paru en France en 2013 chez Albin Michel dans une traduction de Michel Lederer, et désormais disponible en poche chez 10/18 : Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn.
Or le roman était justement centré sur un projet hollywoodien : s’emparer de l’histoire vraie de huit soldats de la compagnie Bravo, si du moins ces films sur l’Irak ne commencent pas à « « contreperformer » au box-office ». Le film joue donc d’une mise en abyme pensée par le roman.

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En 1886, dans un conte amer aux nombreuses connotations philosophiques et religieuses, Léon Tolstoï montrait comment, en peignant le portrait désabusé d’un paysan russe cédant aux sirènes du productivisme et à la tentation de la l’expansion agricole, elle pouvait mener celui-ci à sa perte. En adaptant Ce qu’il faut de terre à l’homme, Martin Veyron, inoubliable auteur de L’amour propre (ne le reste jamais très longtemps) et de Marivaudevilles, livre un album au dessin rond et généreux qui sublime le texte de l’écrivain russe.

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Prague, 1942, « opération Anthropoïde », initiée depuis Londres : deux parachutistes tchèques sont chargés d’assassiner Heydrich, chef de la Gestapo et des services secrets nazis, planificateur de la Solution finale et « bourreau de Prague », bras droit d’Himmler. Chez les SS, on dit « HHhH », Himmlers Hirn heißt Heydrich (le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich). L’assassinat du Reichsprotektor de Bohême-Moravie, le SS Reinhard Heydrich, « la bête blonde », doit avoir lieu à Prague, le 27 mai 1942.