Inside
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Le dernier jeu des studios Playdead est dans la continuité de leur première production, Limbo, sortie il y a sept ans de cela. Limbo nous faisait jouer le rôle d’un petit garçon (ou plutôt sa silhouette), décidé à retrouver sa soeur, perdue dans les limbes. Toutes les bases du jeu qui nous intéresse se trouvent dans cette première tentative : une image d’aspect minimaliste et soigné, un jeu permanent sur l’éclairage et la superposition des plans, une absence totale d’interface à l’écran, des plateformes et des énigmes résolues par quelques commandes élémentaires. L’ensemble se présentait en deux dimensions, et se déroulait comme un perpétuel travelling en plan séquence, de gauche à droite. Les seules coupes et redites dans la narration provenaient évidemment de la maladresse du joueur, qui se voyait à chaque échec dans l’obligation de recommencer.

Spécialisées dans la littérature de recherche, les éditions Mix travaillent depuis douze ans à la découverte et la publication d’auteurs dont les œuvres font exister des ruptures autant dans l’écriture que dans la théorie. Les livres des éditions Mix croisent ainsi plusieurs domaines mais toujours avec l’exigence de l’expérimentation et du nouveau. Rencontre avec Fabien Vallos et Antoine Dufeu pour un entretien où il sera question, entre autres, de littérature, de philosophie, d’esthétique mais aussi d’économie de l’édition, de néolibéralisme, d’avant-garde, de politique ou de technologie.

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Dans L’Image-Matière, Dominique Peysson questionne les matériaux émergents et en particulier les matériaux responsifs. Les capacités inédites de ces matériaux artificiels conduisent l’auteur à une conception renouvelée de la matière, par-delà les distinctions habituelles entre matière et esprit ou entre matière et forme. S’ils impliquent également de nouvelles possibilités pour l’art, ces matériaux sont surtout, de manière plus radicale, porteurs de nouvelles possibilités pour la pensée autant que pour le monde, dessinant les contours d’un futur encore inimaginable.

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Le mutantisme commencerait avec l’affirmation qu’il « nous faut agir pour nous-mêmes, tout de suite », puisque nous serions pris dans une « crise évolutive ». Ici et maintenant sont en crise et il nous faut en sortir – ou disparaître. L’enjeu est vital – ou plutôt il est la vie elle-même : comment non pas rester en vie dans ce monde-ci mais inventer une autre forme de vie et donc un autre monde ?

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Hans Bellmer

Le titre de la fiction de Véronique Bergen, Le cri de la poupée, allie de manière paradoxale le vivant et de l’inanimé, l’expression et la chose muette, l’organique et l’artificiel. Une poupée est dotée du pouvoir de crier, comme si elle était douée de vie. Mais c’est aussi bien le vivant qui est doté des qualités de l’inerte et de la chose artificielle. Le titre condense ainsi les principales lignes qui donnent à ce livre sa logique étrange : le vivant devient poupée et l’humain devient insecte, le mort devient vivant, ou en tout cas parlant, les êtres se dédoublent, les corps subissent une subversion de leur ordre organique pour tendre vers l’inorganique (la poupée) ou de nouvelles configurations étranges (« Te déconstruire, te réagencer, faire de ta bouche un anus »), ou encore passer les frontières des espèces et des règnes (« avant de naître poupée, j’avais vécu en chien »).