Lorsqu’on évoque les écrivaines algériennes, le pluriel est rarement au rendez-vous et, au mieux, un seul nom surgit dans la conversation, celui d’Assia Djebar, son élection à l’Académie française ayant étendu sa notoriété. Il est vrai que la littérature algérienne des femmes est un phénomène relativement récent. Représentée de 1945 aux années 70 par deux ou trois créatrices, elle s’est affirmée dans les années 80 et confirmée dans la décennie suivante. En ce début du XXIe siècle, les écrivaines sont nombreuses, dans les trois langues, arabe, français, berbère. Nous évoquerons ici essentiellement celles qui écrivent en français et sans prétendre à un panorama exhaustif, nous donnerons quelques idées de ce volet méconnu pour aider à diversifier les lectures de vacances, la littérature ayant une approche plus complexe du réel que les discours médiatiques.

Linda Lê
Linda Lê

« C’est donc ici que les gens viennent pour vivre ? » Rilke

« La mort avait failli la faucher cette année-là. », écrit « L. », une mort qui serait venue la chercher par surprise. Non pas cette mort volontaire qui hante l’espace littéraire de Linda Lê et l’espace du désir de ses personnages et narrateurs depuis ses premières publications, mais une mort involontaire, cet événement qui sans promesses, confie l’être humain au néant.