Avec Mue, Stacy Doris achève l’une des œuvres poétiques sans doute parmi les plus importantes de notre contemporain. Emportée par la maladie en 2012, Stacy Doris offre ici un puissant dernier chant, un testament adressé à son mari ainsi qu’un legs vibrant à ses enfants. Diacritik est allé à la rencontre d’Anne Portugal et Pierre Alferi qui ont traduit Mue pour les éditions P.O.L afin d’échanger avec eux à la fois sur la mémoire de Stacy Doris, sur sa place à l’importance grandissante dans la poésie américaine et sur leur remarquable travail de traduction où à la sensibilité la plus à vif répond le souci formel le plus avisé. Vous l’aurez compris : il faut lire Stacy Doris.
Stacy Doris
Prologue : Maladie mélodie (en souvenir de Maurice Roche). Je fais rapidement le compte des ouvrages qui ont formé la matière des “papiers” que j’ai publiés ici-même en 2021 – de la toute première Constellation d’hiver à cette huitième et dernière d’automne – et j’obtiens 155, soit un multiple de 31.