Le procès des assistants parlementaires du Rassemblement National vient de se terminer après un mois d’audience, avec sur le banc des accusé.e.s Marine Le Pen et 24 autres membres de l’ex-Front National comparaissant pour détournement(s) de fonds du Parlement Européen. Dans son essai paru le 13 septembre dernier aux éditions du Seuil, Tristan Berteloot ne fait « presque » qu’évoquer cette partie émergée de l’iceberg qui pourrait conduire à l’inéligibilité de l’héritière du fondateur du parti d’extrême droite. Avec La Machine à gagner, Tristan Berteloot livre un essai clinique et factuel que les contempteurs qualifieront de militant pour le discréditer, mais qui demeure le fruit d’années de travail et d’enquêtes sur la machinerie à l’oeuvre au RN, « en marche vers l’Elysée ».

Mai 2017, la démocratie est malmenée par la politique politicienne. La démocratie, ce concept vieillot que l’on piétine allègrement depuis des mois et des années sans que personne ne trouve à y redire. La démocratie, ce bien commun que l’on devrait chérir et protéger plutôt que le maltraiter est aujourd’hui la première victime du débat public. Au premier rang des agresseurs : les mots. Ceux du Front National, de ses soutiens et de sa candidate présente au second tour de l’élection présidentielle.

Sur le plateau du second grand débat télévisé du jeudi 27 juin 2024, Jordan Bardella s’est cru autorisé à persiffler sans vergogne en lançant à Olivier Faure « ça y est, Jean Moulin est de retour » en arborant un large sourire toutes dents dehors, fier de sa répartie écrite à l’avance. Merci à lui, car on peut légitimement s’autoriser à répondre au président du RN sans craindre de se voir opposer d’avoir atteint le point Godwin en moins de temps qu’il n’en faut à un identitaire pour lever le bras et crier « Ausländer raus » dans une soirée entres potes ou à un corbeau pour envoyer des lettres anonymes au motif que « le peuple français historique en a plein le cul de tous ces bicots. »

Mai 2017, la démocratie est malmenée par la politique politicienne. La démocratie, ce concept vieillot que l’on piétine allègrement depuis des mois et des années sans que personne ne trouve à y redire. La démocratie, ce bien commun que l’on devrait chérir et protéger plutôt que le maltraiter est aujourd’hui la première victime du débat public. Au premier rang des agresseurs : les mots. Ceux du Front National, de ses soutiens et de sa candidate présente au second tour de l’élection présidentielle.