Le prix Nobel de littérature 2008 Jean-Marie Gustave Le Clézio est un grand amoureux du Mexique, sur lequel il a beaucoup écrit, où il vit une partie de l’année et où il a d’ailleurs été décoré en 2010 de l’ordre de l’Aigle aztèque. Celui qui parle volontiers des oiseaux du Mexique, comme par exemple des tordos (en français, les étourneaux, les passereaux) nous parle encore dans Trois Mexique du ciel mexicain et au-delà, du carnaval des paradoxes de ce grand pays de littérature.

Ça commence par un trou : sur la première page de mon service de presse, la page est trouée. Je comprends que c’est l’auteur qui me l’a poinçonnée, et déjà, je me dis : cette lecture va vraiment m’intéresser, c’est certain.

« Avec les paysans, tenez, j’ai douté parfois qu’ils sachent ce que c’est qu’un paysage, un arbre… Ça vous paraît bizarre… J’ai fait des promenades parfois, j’ai accompagné derrière sa charrette un fermier qui allait vendre ses pommes de terre au marché. Il n’avait jamais vu Sainte-Victoire. » (Conversations avec Cézanne, Editions Macula, 2022).

Il y a près de trois ans déjà, paraissait chez Flammarion Cézanne – Des toits rouges sur la mer bleue, Marie-Hélène Lafon publie aujourd’hui un récit (qu’elle appelle « roman ») sur son frère Gilles, paysan, en train de perdre sa ferme, sans doute parce qu’il n’a pas su suivre le mouvement, emprunter, investir… Mais Gilles vit dans sa ferme solitaire dans le Cantal. Il ne voit pas Sainte-Victoire.

L’annonce de la mort de Staline le 5 mars 1953 est tombée le matin où le PCF réunissait une conférence nationale – qu’il annula avant même qu’elle eût commencé. Tous les communistes étaient bouleversés. Le 12 mars paraissait à la une du n°456 des Lettres françaises le portrait du « petit père des peuples » par Picasso – qui allait faire éclater un scandale resté dans les annales du parti communiste.

Venise, millefleurs est le portrait romanesque de la ville qui rend la parole aux femmes – avec une narratrice « lassée du nombre de romans écrits sur Venise par des hommes qui projetaient sur la ville une image féminine pour mieux la fantasmer ». (Sollers est visé, Hemingway, et les autres…) La narratrice de Ryoko Sekiguchi pense que les écrivains n’ont jamais vraiment réussi à parler de Venise – moins bien, en tout cas, que les personnes qu’elle rencontre dans son récit, architectes, historiens, écologistes, militants ; les Vénitiens eux-mêmes à qui elle se présente avec un curieux projet : écrire un livre – un roman – sur Venise et ses fleurs, sa forêt…

Léa Bismuth s’empare du dernier texte que Blanqui écrivit dans sa dernière prison – au fort Taureau, dans la baie de Morlaix – et qui était resté totalement négligé jusqu’à aujourd’hui (comme le disait déjà Walter Benjamin il y a bien longtemps). C’est le texte L’Eternité par les astres, où Blanqui écrit : « Je me réfugie dans les astres où l’on peut se promener sans contrainte. »