En hommage à l’immense Michel Butor qui vient de mourir, Diacritik republie cette missive de Frédéric-Yves Jeannet, parue dans nos colonnes le 26 février dernier

à Michel Butor

Tu es mon dernier père vivant. Tu sais peut-être que David Bowie vient de mourir, en ce début d’année, deux jours après son soixante-neuvième anniversaire, mais il n’était pas vraiment pour moi un père, plutôt un grand frère & demi-dieu lointain, inaccessible dans une sorte d’Olympe. Il ne me reste que toi. Je t’écris donc cette lettre avant ma mort et la tienne : je préfère que ce soit de notre vivant.

Les César, le Festival de Cannes se plient à leur manière à la pratique obligée de l’hommage avec la séquence « ils nous ont quitté cette année »… et la rubrique « Portraits » de Diacritik a parfois pris des allures d’obituaire, au corps défendant de la rédaction tout en assumant la relative nécessité de l’exercice. Mais dans ces pages, si Cimino, Bonnefoy, Bowie, Ricardou, Prince, Scola, Akerman, côtoient Daho, Lefranc, Benoît Virot, Renaud Monfourny, Enki Bilal, c’est pour mieux revenir, analyser, éclairer, en prenant le temps du recul et pour aller plus loin que l’immédiateté journalistique. Pour « Portraitiser » en somme, pour reprendre le terme de Jean Vautrin dans Le voyage immobile.

Prince par Rodho

La musique adoucit les mœurs, dit l’adage. Et ce ne sont pas Galien de Pergame, MC Solaar ou Arnaud Rakoon qui prétendront le contraire. Avec 1Song1day ou Into the Groove, les rubriques musicales de Diacritik saison 1 signées de notre spécialiste attitré, la musique a bien évidemment droit de cité au sein du magazine. Ni compil’, ni best-of, Un été 2016 : Sing City, c’est un retour sur les découvertes et les coups de cœur, mais aussi (et malheureusement in memoriam), un regard dans le rétro de l’année avec les décès de David Bowie – premier choc tellurique – et de Prince –  réplique aux effets non moins planétaires.

Agenda diacritique du 21 au 26 mars, avec des articles, des inédits littéraires, des photographies, de longs entretiens avec les acteurs de la scène contemporaine et pour plonger dans le name dropping : Barthes, Lodge, Bilal, Derrida, Marc-Antoine Serra, Franz Fanon, Renaud Monfourny, Michel-Edouard Leclerc, Henry James, Juliette Mézenc, Mario Vargas Llosa, Frank Smith, Fred le Chevalier, et un énorme etc.

Renaud Monfourny expose à la Maison Européenne de la photographie et l’on retrouve 131 de ses portraits dans Sui Generis, livre publié chez Inculte/Dernière marge. Entrée dans un univers immédiatement identifiable, ou la scène culturelle par l’intime.

à Michel Butor

Tu es mon dernier père vivant. Tu sais peut-être que David Bowie vient de mourir, en ce début d’année, deux jours après son soixante-neuvième anniversaire, mais il n’était pas vraiment pour moi un père, plutôt un grand frère & demi-dieu lointain, inaccessible dans une sorte d’Olympe. Il ne me reste que toi.