Karim avait une trentaine d’années. Il a quitté le Soudan, il est venu en France. Sans doute pensait-il que la France était un pays qui lui permettrait de vivre, qui l’aiderait à vivre. C’est l’idée qu’il devait avoir de la France. Mais cette France est imaginaire, l’idée de ce pays est fausse. Karim est mort le 8 mars 2018. Il est mort à Paris, Porte de la Chapelle, dans la rue.

Le « Centre humanitaire d’accueil pour réfugiés » situé Porte de la Chapelle a une capacité de 400 places. Ce qui est largement insuffisant si l’on constate le nombre de migrants qui ne sont accueillis nulle part, qui survivent dans les rues de Paris, par exemple à Stalingrad ou, justement, dans la zone de la Porte de la Chapelle, autour du Centre d’accueil. Si celui-ci est « humanitaire », les conditions qui règnent autour ne le sont pas du tout, au contraire. Les personnes sont laissées à elles-mêmes, en tout cas par les pouvoirs publics. Si des associations et des groupes d’individus ne les aidaient pas, ces migrants seraient seuls, sans rien, mis dans la situation de ne pas pouvoir survivre.