Aujourd’hui paraît le troisième roman de Nina Leger, aux éditions Gallimard. Antipolis est un récit singulier qui ne se situe dans une ville (Sophia Antipolis) que pour mieux échapper à toute assignation, géographique comme historique ou narrative. Ici « l’espace s’éparpille en questions », comme l’écrit Nina Leger en héritière assumée de Georges Perec. Mise en récit d’une enquête de terrain et d’une plongée dans documents, archives et blancs de l’Histoire, Antipolis est un objet sidérant. Nina Leger a accepté de revenir pour Diacritik sur sa genèse et sa composition, dans un grand entretien.
Pierre Laffitte
« Nous voulons croire à l’innocence des histoires, mais chacune est violente dans son ignorance des autres et dans l’acharnement qu’elle met à exister seule — recouvrant, conquérant, annexant, établissant un domaine dont elle se déclare unique propriétaire. Dès qu’une histoire est dite, les autres sont tues », écrit Nina Léger dès les premières pages de son nouveau livre, Antipolis, qui paraît aujourd’hui chez Gallimard.