« Être né à Constantine les yeux ouverts pour la première fois au-dessus d’un précipice solaire nous marque de lumière pour la vie »
D’une fiction à l’autre, ces derniers mois littéraires, tant en France qu’en Algérie, les visages de l’Algérie en guerre, celle de 54 à 62, et des traumatismes qui lui survivent, surgissent sous la plume des écrivains. Ce que l’Histoire officielle ne veut/peut pas dire, ce que les historiens évoquent par pans, par camps, les romanciers en dressent une cartographie et une sociographie de plus en plus diverses, pour peu, évidemment, qu’on en lise le plus grand nombre.

(Cet article a été écrit avant l’annonce de la mort de Nourredine Saadi, hier. Il prend la triste dimension d’un hommage à un grand écrivain).

Leïla Sebbar
Leïla Sebbar

Leïla Sebbar n’est pas née dans la Sarthe… mais pas loin. Écrivaine française de père algérien et de mère périgourdine, elle est une revenante obstinée, une sorte de monomaniaque. De sa famille, de son enfance, elle ne sort pas. Livre après livre, depuis plus de trente ans, elle revient dans la « maison d’école » d’Eugène-Etienne Hennaya, près de Tlemcen, où elle a grandi. Elle s’y enferme, regarde, écoute, collecte ce que les autres disent, fait des suppositions, ressasse, invente parfois – et c’est un long voyage : une œuvre. C’est une histoire de France en Algérie, une histoire d’Algérie en France. Bancale de naissance, toujours présente ici et là, des deux côtés de la mer.

Kateb Yacine
Kateb Yacine

« Pour écrire Nedjma, il m’a fallu sept ans. C’est que l’art, comme le bon vin, exige beaucoup de temps. » (1988)

« Beaucoup (…) n’ont pas besoin de livres pour vivre. Pauvres idéalistes ! Ils ne savent pas que les livres, à la fin des fins, resteront la dernière propriété de l’homme, propriété rarissime… Les révolutions commenceront plus que jamais dans les bibliothèques. » (1953)

Kateb Yacine