Deux ans après son film Va toto ! qui dépeignait le tendre attachement que sa voisine Madeleine développait pour un marcassin sauvé des chasseurs, Pierre Creton continue avec Le bel été de creuser le sillon – à l’instar de son activité d’ouvrier agricole – d’un cinéma authentique, comme un temps et un lieu de refuge, à l’abri de la bêtise, de la brutalité, de l’accélération dictée par le capitalisme.

Un Top 10 des films de 2018, moins pour faire un classement que pour indiquer des pistes au sujet de ce que le cinéma a proposé, au sujet de ce que les cinéastes ont perçu du monde et ont créé dans le monde, de ce qu’ils et elles donnent à voir et à penser aujourd’hui, de ce que les films – certains films – font au monde et dans le monde.

Cet entretien, ce dialogue, ces entre-mots, entre-paroles, sont tissés de dialogues qui les précèdent. Si la véritable archéologie de ceux-ci est impossible à mener, fondamentalement infinie, leurs symptômes les plus signifiants se situent sans doute à l’endroit d’une incompréhension : celle résultant du dialogue avec ce film documentaire dont je ne saisis pas la dramaturgie, dont mes propres respirations paraissent en discordances avec les siennes, alors même que la matière qui le compose devrait presque obligatoirement me faire vibrer.