En 2012, Philip Roth a annoncé qu’il n’écrivait plus depuis deux ans et qu’il n’écrirait plus. Il tient parole, hélas ! Et on peut regretter que le jury du Nobel persiste à l’oublier, après lui avoir préféré, choix regrettable, un chanteur, malgré son talent évident et indéniable. Donc Philip Roth n’écrit plus, pour le plus grand désarroi de toutes celles et tous ceux qui le considèrent comme un monument de la littérature américaine.

Avant que 2017 ne referme ses portes le New York Times, tout comme son confrère britannique The Guardian, a établi une short list de romans publiés l’an dernier et qu’il ne faudrait surtout pas oublier à l’aube de 2018. A l’instar du quotidien britannique, le NYT a placé en tête, ce qui ne surprendra personne, le Lincoln in the Bardo de George Saunders, ainsi que Exit West de Mohsin Hamid, également mentionné par le Guardian, roman qui vient de paraître en France chez Grasset dans une traduction de Bernard Cohen. Vient ensuite le roman de l’écossaise Ali Smith, Autumn.

On savait depuis longtemps que les produits de restauration rapide vendues dans la chaîne des inventeurs de Harry ne sont guère recommandés ni recommandables pour la santé physique, on savait également que, sous couvert de terminologie plus que douteuse, les « équipiers » sont très souvent des salariés exploités et peu considérés, on sait aussi désormais que McDonald® n’est pas vraiment une source de renforcement démocratique pour les pays dans lesquels ils s’installent. Le 8 décembre 1996, le célèbre journaliste américain, éditorialiste au NYT et trois fois récompensé par le prix Pulitzer pour la qualité de ses enquêtes, Thomas Friedman, avait noté et remarqué, au terme d’un long travail d’investigation, que jamais, à la surface de la planète, deux pays qui ont des restaurants McDonald® ne sont entrés en guerre l’un contre l’autre.

Gay Talese
Gay Talese

La littérature du réel a le vent en poupe, comme la narrative non-fiction, en témoigne la parution en poche aujourd’hui, chez Points, du Motel du voyeur, signé par l’un des papes américains du genre, Gay Talese, considéré comme le fondateur du Nouveau Journalisme, avec des livres comme Sinatra a un rhume ou Ton père honoreras.
Le Motel du voyeur, couronné par le Prix Sade lors de sa parution en grand format (2016) aux éditions du Sous Sol, est sans doute l’entreprise limite du genre, interrogeant l’éthique et la moralité journalistiques, au point d’avoir provoqué un scandale aux États-Unis, une forme de couronnement paradoxal pour l’auteur de 84 ans.

Crédit : LaDépêche.fr

C’est une question de forme(s). Au singulier, celle d’une tribune parue le 7 septembre 2017 dans le New York Times. Au pluriel, celles mises par les médias français qui ont repris le texte dans leurs colonnes en chapeautant à la va-vite ou à l’aune d’une politique du clic pour le moins questionnable. BFM TV qui titre « « Président raté », « ego démesuré » : une tribune dans le New York Times assassine Macron » ; LaDépêche.fr « Dans une tribune au vitriol, le New York Times juge Emmanuel Macron comme un président raté » ; Vanity Fair « Échec et mat, le New York Times assassine Emmanuel Macron dans un édito » (le titre a été changé depuis, NDLR) ; RTL.fr « « Un président français raté » : Emmanuel Macron se fait épingler dans le New York Times »… et la toile qui ne fait pas partie des idolâtres de la « macronerie » (sic) de s’enflammer, de relayer, de tweeter et retweeter, de « liker » ou « plussoyer » à l’envi.

Gay Talese
Gay Talese

La littérature du réel a le vent en poupe, en ce mois de novembre, comme l’a mis en lumière le double prix Medicis 2016 : or les éditions du Sous-Sol sont un passeur inlassable de la narrative non-fiction et viennent justement fait paraître le dernier livre de l’un des papes américains du genre, Gay Talese, Le Motel du voyeur. Gay Talese est considéré comme le fondateur du Nouveau Journalisme, avec des livres comme Sinatra a un rhume ou Ton père honoreras. Le Motel du voyeur (2016) est sans doute l’entreprise limite du genre, interrogeant l’éthique et la moralité journalistiques, au point de provoquer un scandale aux États-Unis, une forme de couronnement paradoxal pour l’auteur de 84 ans.

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La campagne de candidature à l’investiture dans les deux partis politiques majeurs aux États-Unis en vue de l’élection présidentielle de novembre 2016 a fait émerger, une fois encore, des pundits.

Les pundits ce sont des experts auto-proclamés du monde occidental qui s’autorisent à intervenir doctement sur tous les sujets possibles et imaginables, sans qu’il soit réellement possible d’évaluer leur compétence sur les sujets abordés, depuis le conflit russo-ukrainien jusqu’à l’organisation de la prochaine coupe du monde de football au Qatar en 2022 en passant par le terrorisme et le passage au scrutin proportionnel pour les prochaines législatives en France, sans oublier, bien évidemment, l’évolution de la barquette aux fraises depuis le Moyen-Âge. 

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La première « une » du 7 octobre 1986

Trente ans c’est très jeune pour mourir. C’est pourtant ce qui vient de se produire le 26 mars 2016. Il ne s’agit pas d’un humain mais de la version imprimée d’un journal, The Independent, et la majorité des salariés, journalistes, graphistes, techniciens et gestionnaires, doit ressentir une vive amertume et une profonde tristesse. 

Bill Cunningham photo NYT

Bill Cunningham est journaliste et photographe de mode. Il travaille pour le New York Times depuis 1978. Le 13 mars dernier, il a fêté son 87ème anniversaire et, outre son âge, ce qui fait son originalité est qu’il parcourt inlassablement les rues de New York sur sa bicyclette et fixe dans son objectif toutes les excentricités vestimentaires rencontrées pour en faire une rubrique photographique hebdomadaire particulièrement suivie, chaque samedi.

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Prague, 1942, « opération Anthropoïde », initiée depuis Londres : deux parachutistes tchèques sont chargés d’assassiner Heydrich, chef de la Gestapo et des services secrets nazis, planificateur de la Solution finale et « bourreau de Prague », bras droit d’Himmler. Chez les SS, on dit « HHhH », Himmlers Hirn heißt Heydrich (le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich). L’assassinat du Reichsprotektor de Bohême-Moravie, le SS Reinhard Heydrich, « la bête blonde », doit avoir lieu à Prague, le 27 mai 1942.