Il y a deux plaisirs au cinéma (en plus de la climatisation) : aller voir un film en pensant que ce sera un navet car la réalisatrice les cultive (Justine Triet) et sortir enchanté (Anatomie d’une chute). Aller voir le dernier film d’un cinéaste que vous adorez et sortir affligé… Je suis désolé, j’aurais certes adoré écrire un papier spectaculaire « Moretti se répète et fatigue », « Moretti est fini », « Moretti au PSG », ou, pour faire mon cinéphile, il m’eut suffi de vous parler du dernier film de Claire Denis, dont la filmographie ressemble de plus en plus au palmarès de Manchester United : un passé glorieux, une actualité morne, un avenir inquiétant…

Après avoir été, pendant de nombreuses d’années, l’une des figures les plus emblématiques de l’anti-berlusconisme le plus fier, Nanni Moretti, récemment sollicité sur la situation actuelle de la politique italienne, a préféré s’abstenir de faire des commentaires, tout en déclarant être confus et en cherchant dès lors à éviter de dire des banalités.