Au cœur des années 1960, hanté par la civilisation de l’image à laquelle il commençait à réfléchir, Barthes est soudain déchiré par cette évidence : il n’existe aucune image à l’état adamique. Toute image viendrait après un impossible paradis, n’obéirait à aucune idée de nature et serait toujours, selon Barthes, le fruit d’une culture parfois si ancrée en elle qu’elle en viendrait à oublier son geste culturel même. Nul doute qu’une telle réflexion sur l’impossible nature de l’image pourrait figurer en exergue du splendide nouvel essai de Jean-Christophe Bailly, L’Imagement paru au Seuil.