En décembre 2013, le supplément du dimanche El Pais Semanal commande à Guillermo Abril et Carlos Spottorno une série de reportages sur les frontières européennes. Trois ans plus tard, avec comme matériau près de 25000 photographies et 15 carnets de notes, sort en librairie La Fissure. Documentaire inédit dans sa forme et terrible dans son propos, La Fissure raconte, de l’Afrique à l’Arctique la misère, les destins brisés des migrants, la montée des nationalismes, les exodes et analyse les causes et les conséquences de la crise d’identité que connaît l’Europe au XXIè siècle.

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© Julian Walter

L’île de Lesbos a accueilli plus de 5600 réfugiés depuis le 20 mars dernier, date de l’entrée en vigueur de l’accord conclu entre l’Union Européenne et le gouvernement turc. Ce lundi 4 avril 2016, une grande opération de renvoi des réfugiés arrivés après le 19 mars commence. A compter d’aujourd’hui et jusqu’à mercredi, 250 personnes seront reconduites quotidiennement en Turquie. L’angoisse est extrême pour ces réfugiés qui avaient considéré que Lesbos était pour eux l’île de l’espoir.
Julian Walter, photographe américain, a passé une semaine avec eux en février dernier. Diacritik publie son reportage, en trois volets, en anglais et en français.

1 Fenêtre, En Plo

Egine, la nuit qui tombe. La nuit et une maison architecturée genre case study house avec piscine et vue hollywoodienne sur l’entrée du golfe Saronique. En face, les montagnes du Péloponnèse. Une maison en rase campagne avec une vue délirante sur la mer et les montagnes. Une maison pour vacanciers qui se relaxent en famille. Ma maison. Une maison que je n’aime pas. Je n’aurais jamais choisi une telle maison. Elle est arrivée comme ça. Je me suis retrouvée avec une maison sur les bras. Il y a pire. Une maison avec piscine en rase campagne. Tout ce que je déteste. La nuit, en plus, c’est flippant, la rase campagne.