À plusieurs reprises, on peut lire dans le premier volume du roman-fleuve qui retrace l’ascension politique de Benito Mussolini, M. L’Enfant du siècle, une description singulière des communistes italiens des années 1920. Depuis le point de vue des fascistes, en effet, les ouvriers (et, dans l’extrait suivant, les paysans de Bologne) semblent moins engagés pour des idées politiques — ni même reliés voire endoctrinés par une idéologie — qu’ensorcelés par « l’habituelle exhortation en direction de la foule, l’habituel mot magique “révolution’’. »*
Laurent Jeanpierre
Nécessaire et puissant : tels sont les deux termes qui viennent à l’esprit au terme de la lecture de La Perspective du possible de Haud Guéguen et Laurent Jeanpierre qui vient de paraître à La Découverte. Dans cet ambitieux essai, dont chaque page pose une question passionnante, les deux chercheurs retracent l’histoire multiséculaire du possible afin d’en mesurer ce que nous pouvons, nous, en faire aujourd’hui, comment il peut venir nourrir un nouvel horizon politique. Il est temps de sortir de la mélancolie de la Gauche pour rouvrir, grâce au possible, l’action, et cet ouvrage en est l’un des outils majeurs. Autant de perspectives qui ont incité Diacritik à rencontrer les deux essayistes le temps d’un grand entretien.