Au cœur de ses chroniques quotidiennes et benjaminiennes sur la télévision rassemblées, à la fin des années 1980, dans Le Salaire du Zappeur, Serge Daney abandonne le cinéma à sa présumée mort pour privilégier la quête herméneutique sans répit d’une nature profonde de l’image télévisuelle, toujours diffuse, à travers ses différents programmes. C’est inévitablement que le critique en vient à examiner avec attention la retransmission de la messe du dimanche matin qui, selon lui, ouvre à une interrogation fondatrice sur l’image et son lien à la foi intangible : « Peut-on ne communiquer (voire communier) avec quelque chose que par le regard ? » Nul doute qu’une telle question qui fait du visible télévisuel l’espace renouvelé sinon inédit du sacré trouve une réponse plus que positive de Jacques Derrida dans Surtout, pas de journalistes !, stimulante conférence prophétique de justesse sur l’époque, récemment publiée aux éditions Galilée.

Ilestderetour

Mein Kampf, manifeste d’Adolf Hitler dont on connaît la terrifiante postérité, a été écrit en prison, à Landsberg (avec l’aide de Rudolf Hess), et publié en 1925. En 1934, il est traduit en français, sous le titre Ma doctrine. En 2012, l’écrivain allemand Timur Vermes publie un roman Er is wieder da (Eichborn Verlag), traduit 35 langues — et en français par Pierres Deshusses chez Belfond —, un Il est de retour (désormais disponible en poche 10/18) qui résonne étrangement alors que l’on annonce la reparution de Mein Kampf, chez Fayard, traduit par Olivier Mannoni. Le texte nationaliste, antisémite tombe en effet dans le domaine public en janvier 2016.