La stigmatisation et la discrimination à l’égard des populations homosexuelles impliquent la différenciation ou construction d’une différence basée sur un critère défini (sexualité, genre, etc.) ; la stigmatisation ou infériorisation de cette différence ; la focalisation sur ce critère et la réduction de l’individu à une identité stigmatisée, celui-ci n’étant plus perçu qu’en référence à un groupe supposé homogène ; la naturalisation ou essentialisation (les homos, les lesbiennes, etc.) par laquelle un groupe est défini ; la légitimation de la stigmatisation et de la discrimination (homosexuels = danger, désordre, maladie, etc.). A l’intérieur de cette logique, la différence par rapport à la norme est a priori dévalorisée – différence et norme étant construites l’une par rapport à l’autre, la première existant pour que la deuxième soit justifiée et valorisée.

Comme dans ses livres précédents, Qui a tué mon père, d’Édouard Louis, a pour centre la violence : celle que l’on subit, celle que l’on inflige, violence physique et psychologique. Mais la violence dont il est question ici dépasse les limites de ce que l’on entend habituellement par « violence » puisqu’il s’agit aussi de violence symbolique, de violence systémique, de la violence de rapports de pouvoir qui ne se réduisent pas aux coups de matraque de la police.

Action LGBTQI devant le CSA

Depuis plusieurs jours, une stratégie de pinkwashing se met en place dans les médias. Quelques dizaines d’annonceurs, qui jusque-là avaient richement financé l’émission TPMP, se découvrent des valeurs, une morale, affirmant que l’épisode du piège tendu par Hanouna à des hommes gays serait contraire à ces valeurs. Ces entreprises qui payaient pour que leurs publicités soient diffusées durant l’émission se retirent, drapées dans un Rainbow Flag, mettant un terme au financement de TPMP. Pourtant, cet épisode n’est pas un « dérapage », selon le mot utilisé dans la presse pour atténuer la charge de la critique, un accident différent de ce qui se passe d’habitude dans l’émission : il n’est qu’un moment d’une série continue de propos et de mises en scène homophobes et sexistes.