Hanif Kureishi est un analyste des corps et des forces qui les meuvent, en particulier désir et libido, jusque dans leur part la plus primaire et bestiale. « A chaque corps, un animal » écrit le romancier dans L’air de rien, qui vient de sortir en poche chez 10/18, un récit qui ne déroge pas à cette exploration, dans une veine toujours plus caustique et noire.

Hanif Kureishi (DR)

Hanif Kureishi est un romancier des corps, de la sexualité, un anatomiste du couple et des relations amoureuses, du désir — « l’anarchiste originel, le premier agent secret » (Intimité) — son dernier roman L’Air de rien (The Nothing), à paraître le 28 septembre prochain aux éditions Bourgois, le prouve une nouvelle fois.
Caustiques et en apparence désopilants, ses textes ont inspiré Stephen Frears — on lui doit le scénario de My Beautiful Laundrette ou Sammy and Rosie Get Laid (Sammy et Rosie s’envoient en l’air) — et Patrice Chéreau avec Intimité (Intimacy). Sous la comédie et l’ironie, ce sont les faux semblants de la comédie humaine qui sont mis en relief, comme dans Le Dernier Mot, satire du monde du livre et peinture au vitriol de l’Angleterre contemporaine.

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Un homme pressé, et sans doute blessé. Pour qui nous avons pris le train. L’homme de Phèdre, des Paravents, d’Hamlet, de La Dispute, d’Intimité. Qui révéla Koltès au grand public. Un homme en recherche, questionnant, curieux, ouvert sur les arts, tous les arts, qui dit s’être construit des autres, de ses rencontres* : « apprendre ce que je ne sais pas, d’une certaine façon à devenir la personne que je ne suis pas encore ». Cet homme rare s’appelait Patrice Chéreau.