Malgré le mot d’ordre que semble s’être donné la “critique” de cinéma depuis une bonne quinzaine d’années (certains ayant même commencé à faire la grimace dès la projection de Mystery Train en 1989), Paterson, le dernier film de Jim Jarmusch, n’a pas été considéré comme une étape supplémentaire de la prétendue chute de ce cinéaste projeté dans les hauteurs dès 1984 quand Stranger Than Paradise avait obtenu la Caméra d’or à Cannes.

Dans un bar du 10e arrondissement, au cœur de la trame légère et bientôt grave des Chansons d’amour de Christophe Honoré, Ismaël, interprété par Louis Garrel, lance à Julie et Alice, les deux compagnes de son ménage à trois, qu’en dépit de leurs rires et doux complots contre lui, elles auront beau faire : « La Guerre à trois n’aura pas lieu ». Si cette formule, toute d’élégance et de brio, vient accompagner le cinéma de Christophe Honoré, sans doute pourrait-elle, à l’évidence, se tenir plus particulièrement à l’orée du premier long-métrage de Louis Garrel Les Deux Amis dont elle éclaire le gracieux triangle amoureux, entre quadrature du cercle et impossibles mais tendres lignes parallèles.