Du 26 au 28 septembre dernier se tenait à Orléans le premier Parlement des écrivaines francophones, à l’initiative de l’écrivaine tunisienne Fawzia Zouari. L’événement a rassemblé une centaine d’écrivaines venues du monde entier. Entretien avec Evelyne Trouillot, dont nous publions le texte intégral de son intervention lors de la plénière.

Joumana Haddad

Une écrivaine de ces pays pointe-t-elle le bout du nez dans le champ éditorial et quasiment aussitôt on la compare à Shahrazade, la fameuse sultane conteuse des Mille et une nuits. On comprend alors, à l’égard de cette fiction du passé, l’exaspération d’un certain nombre d’entre elles. Cette exaspération, la Libanaise Joumana Haddad dans son essai décoiffant, J’ai tué Schéhérazade, l’exprime avec clarté : « Je suis convaincue que ce personnage est un complot contre les femmes arabes en particulier, et les femmes en général […] J’en ai assez qu’on en fasse une héroïne (surtout en Occident, mais dans le monde arabe aussi). »

banniere11032016La mloukhia est plat traditionnel tunisien, à base de poudre de feuilles de corète et d’huile d’olive.

Ce carnet de notes a été écrit à Tunis, à l’occasion de la Foire internationale du livre (25 mars au 3 avril). Il est fait de sept courtes interviews, retranscrites presque littéralement, exception faite de deux textes envoyés par courriel.

La question de départ est simple. Elle a été posée [en français] à des Tunisien(ne)s qui ont en commun d’exercer une activité créatrice ou liée à la production culturelle. Qu’est-ce qui vous a marqué/ébloui/frappé au cours des six derniers mois – un livre ? un spectacle ? un plat (divinement) cuisiné ? De quoi se nourrit-on, à Tunis, en ce 6ème printemps de la révolution ?
Les noms des sollicités (et leurs réponses) sont donnés par ordre alphabétique. Ce carnet est bien évidemment incomplet, affreusement subjectif et peut-être trompeur. Il est donc perfectible. A suivre…