Quel est l’air de l’art dans une phrase ? Quel souffle la chanson ou la musique font-elles passer dans la littérature ? Qu’est-ce que la chanson populaire ou l’art lyrique donnent à l’écriture ? On voudrait dire qu’on connaît la chanson mais rien n’est moins vrai sans doute que cette affirmation tant précisément la littérature est ce qui voudrait trouver l’expressivité nue d’un air, d’une manière de se transmettre à l’autre sans barrière, dans le pur geste d’un lien neuf et inédit.

L’écriture ne tient pas en place : d’emblée, elle refuse, par l’image, de se tenir sage comme une image. Peut-être est-elle avant tout une traversée depuis le langage d’une expérience du sensible dont le mot d’écriture et le mot d’image tentent de livrer la fragile et intime singularité sans parvenir à l’épuiser tout à fait – l’obligeant à trouver une plasticité toujours neuve. Sage comme une image, telle ne sera pas sans doute l’après-midi du jeudi aux Enjeux du contemporain car, à parler de friction des Arts dans la littérature, il y a fort à parier que l’image et l’écriture en ressortiront nourries l’une de l’autre à la manière d’un métamorphisme – ou d’une métamorphose conjointe.