Diacritik publie l’entretien mené par Thanasis Minas pour le média grec O Anagnostis à l’occasion de la parution en grec de leur livre Littérature et révolution (aux Éditions Divergences, 2024). Dialogue entre l’écrivaine et sociologue Kaoutar Harchi et l’écrivain Joseph Andras.
éditions Divergences
Ça commence, chaque fin d’été, par la palanquée de romans qui paraissent dans le cadre de la « rentrée littéraire ». On dit qu’ils sont 459 cette année, répartis entre la fin du mois d’août, septembre et octobre — 459 romans, dont 68 premiers romans et 148 traductions. Je m’attèle alors à un drôle de travail : je sélectionne.
La littérature féministe est un luxe. « Une révolution inefficace… mais une révolution quand même », écrit Andrea Dworkin, citée en exergue par Azélie Fayolle. La littérature féministe n’a pas donné le droit de vote, n’évitera pas les féminicides, ne libérera pas les Afghanes ni les Iraniennes pas plus qu’elle ne permettra d’augmenter les minimas sociaux, lit-on. La révolution que soulignent Andrea Dworkin et Azélie Fayolle avec elle est celle de l’ébranlement des grandes instances d’écriture par l’affirmation d’un regard féministe sur le monde. Écrire et lire en féministe dans un contexte patriarcal relève du sabotage, du déplacement et d’une réinterrogation critique : « Les féministes ne laissent intacte aucune instance de l’écriture, en minant jusqu’à la possibilité du récit traditionnel et en réinventant l’épique comme les utopies ».
Avec Dark Deleuze, traduit récemment en français pour les éditions divergences, Andrew Culp entend renverser la figure de Deleuze comme philosophe du positif.