Suite et fin des entretiens d’Emmanuèle Jawad autour de « création et politique ». Après Véronique Bergen, Nathalie Quintane, Sandra Moussempès, Leslie Kaplan, Vannina Maestri, Marie Cosnay, Jennifer K Dick, Marie de Quatrebarbes et Liliane Giraudon, c’est aujourd’hui Anne Kawala qui évoque les implications poétiques et politiques de son travail.

Jenny Diski
Jenny Diski

La romancière britannique Jenny Diski est morte jeudi 28 avril 2016, cruellement vaincue par la maladie. C’est une perte considérable dans le paysage de la fiction de langue anglaise. Si son travail n’a jamais été l’objet d’une récompense majeure, ses romans, ses nouvelles, ses essais et, surtout, ses carnets de voyage lui avaient donné non seulement le respect de ses pairs et des ses lecteurs, mais aussi une place particulière. Dix-huit publications au total, dont douze romans et six essais de non-fiction, parmi lesquels Stranger on a Train, qui lui avait valu le Thomas Cook Travel Book award en 2003. Elle forçait l’admiration et l’affection non seulement par son cheminement personnel chaotique, mais également par son style limpide, dont Rainforest (1987, Penguin) est un exemple brillant et enthousiasmant, et s’il faut retenir un ouvrage dans l’œuvre de Jenny Diski, ce sera celui-ci, en raison de son caractère novateur et de la langue utilisée, une merveille. 

Ce pourrait être un conte de Noël, avec pingouins, lapins, « armée de chats », un rat sauvé de l’institut Curie, Flush l’épagneul auquel Virginia Woolf consacra un livre et même une « poule qui marchait à reculons ». Un roman, une fable, de ces textes magiques qui échappent aux catégories. Il est signé Geneviève Brisac qui attend de voir passer un pingouin, image pour dire « la lutte épuisante contre l’effacement de tout ». Invitation à une double rencontre : un livre, son auteur.

BreakingNews

Résumé des épisodes précédents : Diacritik ne recule devant rien pour contenter ses lecteurs avec la mise en ligne aujourd’hui d’un podcast maison pour celles et ceux qui nous suivent outre-Quiévrain et en Angleterre (c’est une autre paire de Manche) et n’ont pu voir l’interview réalisée par Delphine Japhet pour France 3 (si, si, vous avez bien lu, France 3) et l’émission Un Livre Un jour 2.0.

Geneviève Brisac

Geneviève Brisac revendique sans ambages sa filiation avec Doris Lessing, Virginia Woolf… Dans les yeux des autres est ainsi un « appel à la liberté » et à « marcher ensemble ».
« J’écris ce livre sous le coup de la colère ou sous le coup du chagrin. » C’est sur cette phrase que s’ouvrait La Marche du cavalier (Éditions de l’Olivier, 2002), un essai partagé entre des émotions qui ne sont contradictoires qu’en apparence : la colère et le chagrin, l’engagement et le rire, un doute et une croyance en « la force des mots ».