3 octobre 2025. Encore et toujours Feldman sur la platine – l’inépuisable Morty, qui avait confié en 1967 au jeune Jean-Yves Bosseur (20 ans) : « Sincèrement, je ne pourrais pas vivre dans mon art. Dedans, j’y mourrais. Compris ? J’aime bien vivre, bien manger, j’aime vivre vite, parce que dans mon art je me sens mourir très, très LENTEMENT. » Cet entretien s’achevait par ces mots : « Il faut se tenir à l’écart des grandes villes ; trop de choses ; trop de choses stupides… » Bien entendu, Morton Feldman est mort à son domicile de Buffalo, dans l’état de New-York : cet écart n’était pas une coupure radicale.
Dominique Quélen
Trois ans avant qu’il ne partît dans la montagne pour rejoindre au Ban-de-la-Roche le bon pasteur Oberlin, étrangement bon d’une étrange bonté, Lenz distinguait encore, dans une lettre importante à Sophie de La Roche, les deux composantes opposées de la poésie : le Bildende, formateur et didactique, trop enclin au ton comminatoire et boursouflé, et le Tönende, lié à la musique sinon au chant.
Ayant à peine épuisé une petite pile d’ouvrages – lus, parfois relus, et pour leur quasi-totalité recensés dans ce Journal de lecture –, une nouvelle se forme, tandis que d’autres autres se renforcent. Il y a principalement la pile « Poésie, etc. », la pile « Bande dessinée, etc. », la pile « Art & Cie », et plusieurs non nommées où tout se mélange. Chacune d’entre elles semblent à disposition du commentateur pour qu’il recharge ses batteries : pour qu’il retrouve le sens de la digression, alors qu’il aspire le plus souvent au retrait (le Terrain vague étant le lieu où ces deux conduites s’accordent).