« Ce n’est pas dans une île de la Sonde,
ni dans une contrée du Pacifique que ces événements ont eu lieu,
c’est sur notre terre, celle de l’Europe » Marguerite Duras

Des mots de Duras, de sa douleur à attendre Robert Antelme, envahissent, dès le commencement, le film d’Emmanuel Finkiel. On est au plus près du souffle de la jeune Marguerite filmée en gros plan et portée à l’écran par une Mélanie Thierry très inspirée et dont on croit pouvoir toucher le grain de peau si fin, de peau de rose.

Il a fallu attendre la réunification des deux Allemagne pour que le paragraphe 175 du Code pénal allemand qui condamnait l’homosexualité masculine soit définitivement aboli. Durant la seconde guerre mondiale, des dizaines de milliers d’homosexuels ont été arrêtés et déportés en vertu d’un article de loi. Ils étaient forcés d’arborer un «triangle rose». De ce fait historique, Michel Dufranne a tiré un puissant roman graphique : « pour parler de ce dont on ne parle pas souvent. Voire jamais. Des persécutions des homosexuels avant, pendant et après la seconde guerre mondiale ».