18 mars 2026. Le printemps approche. Jetant mécaniquement un œil sur mes souvenirs Facebook du jour (une des choses les plus utiles de ce réseau de moins en moins habité), je tombe sur cette note assez ancienne : « Un journal de lecture n’est pas un journal tenu par un critique, mais un journal dont l’écriture se trouve en situation critique : comme au bord du précipice. » Aujourd’hui, j’écrirais plus simplement : à la frontière du silence.

Le Terrain vague est un lieu où on prend le temps de flâner. Où l’on peut chiner, quand le courrier se fait rare. On y trouve plaisir à affuter son regard comme un couteau, tout en se mettant à l’écoute de ce qui vient. Ici, la rentrée d’hiver ne captive pas davantage que celle d’été, mais le promeneur reste curieux de ce qui s’y entremêle d’inconnu et de retrouvailles. Dans cette deuxième chronique de l’année, le dessin étant à l’honneur, on en profitera pour rattraper quelques retards, tout en nous intéressant de près à trois quatre parutions du moment. Le temps de mettre un disque sur la platine (Mingus à Antibes, 1960 – face 2 : What Love ? avec Eric Dolphy à la clarinette basse) et c’est parti