Sous ce beau titre du « corps à soi », l’autrice, philosophe et professeure de science politique à l’université de Reims, nous donne un ouvrage aussi rigoureux que vigoureux sur le destin des femmes d’aujourd’hui. Il est vrai que Camille Froidevaux-Metterie a le courage de s’inscrire résolument dans une lignée phénoménologique prestigieuse, c’est-à-dire de renouer avec la pensée de Simone de Beauvoir et de Maurice Merleau-Ponty. Dans cette optique, l’autrice se tient à distance de tout essentialisme comme de tout différentialisme, jugeant cette distinction désormais inopérante.

Nous avons rendu compte ici même du bel ouvrage de Manon Garcia réinterprétant tout philosophiquement Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir sous le titre de On ne nait pas soumise, on le devient. Voilà qu’un autre ouvrage d’inspiration féministe vient comme lui donner suite mais sur un mode plus pratique en ce qu’il reprend des chroniques publiées dans Philosophie Magazine autour de la question des femmes et de leur corps au long de la vie. C’est en politiste et en militante que Camille Froidevaux-Metterie signe cet essai audacieux. Certaine philo n’est cependant pas loin, une philo qui rejoint celle de Garcia à travers la référence à une commune phénoménologie passant par Merleau-Ponty.