Manifestation contre l’islamophobie, le 14 mars 2015 à Paris

Revenant sur une actualité nourrie depuis de nombreuses années par de faux débats sur les présumés musulmans, Nedjib Sidi Moussa offre dans La Figure du Musulman une vigoureuse et éclairante réflexion sur le rôle des politiques dans la propagation d’une fièvre identitaire confusionniste et apeurée. Soulignant l’opportunisme ou l’aveuglement de certains courants réactionnaires, Nedjib Sidi Moussa met en lumière l’action des racistes, des antiracistes et des entrepreneurs communautaires dans le remplacement de l’« Arabe » par le « Musulman », de l’ouvrier par le délinquant radicalisé. Mais que faut-il précisément entendre par cette figure du Musulman ? Ne s’agit-il pas d’une figure sciemment utilisée par certains pour détruire la classe ouvrière ? Et comment expliquer cette complaisance de « la gauche de la gauche » pour les thèses confuses et peu rigoureuses des Indigènes de la République et de leur figure de proue, Houria Bouteldja ? Autant de questions que Diacritik a voulu poser, le temps d’un grand entretien, à Nedjib Sidi Moussa, auteur de l’un des essais les plus remarquables de ces dernières années.

Alix Beranger et Gwen Fauc hois ©Jean-Philippe Cazier

Les questions portées par le mouvement LGBT sont étrangement absentes de la campagne électorale autant que des discours médiatiques. En même temps, les thèmes LGBT reviennent en force dans la bouche des opposants à l’égalité des droits, qu’il s’agisse de certains politiques ou de mouvements réactionnaires ayant émergé à la faveur de la légalisation du mariage pour tous.
État des lieux de la situation actuelle et du mouvement LGBT à la veille des élections avec Alix Béranger et Gwen Fauchois dans un entretien où il est autant question de politique, de problèmes sociaux, de solidarité, des médias, des femmes réfugiées, que des conditions des luttes ou de la précarité économique et sociale.

Manuel Valls, sophiste de la présidentielle ?

C’est le jour du Brexit que Manuel Valls aura donc décidé de trahir Benoît Hamon, de faire sa sécession propre et de quitter la politique. Car, contrevenant aux lois de la primaire auxquelles il avait pourtant amoureusement souscrit, Manuel Valls n’a pas hier uniquement trahi Hamon en soutenant explicitement et opportunément Emmanuel Macron ; il n’a pas uniquement failli à tous ses engagements ; il n’a pas uniquement trahi sa parole et foulé aux pieds le peu d’honneur qui lui restait au terme d’un quinquennat catastrophique : en appelant dans la journée encore, comme si la Guyane devenait véritablement une île, à se rallier à Fillon, il a mis, incidemment et violemment, fin à toute vie politique dans ce pays et à la parole comme parole.

Il suffit d’être un peu attentif pour entendre le nom de Camus dans la bouche de tout un chacun, comme si évoquer son nom ou une de ses phrases – prise au hasard dans un site de citations ou de vagues souvenirs scolaires –, conférait un label de crédibilité. Les hommes politiques, quelle que soit leur couleur, en sont friands et il est évident que je n’ai ni l’intention ni la possibilité de tout recenser mais plutôt de pointer un phénomène qui, selon son humeur du jour, irrite ou fait sourire, et en tout état de cause, plonge le nom de Camus dans le « politiquement correct ».

L'article de Johan Faeber peut être lu ici
L’article de Johan Faeber peut être lu ici

Mais quelle mouche a donc piqué Diacritik de publier dans la nuit de samedi à dimanche (à minuit trente, pour être précis), un article signé Johan Faerber, révélant que Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon s’étaient longuement vus, la veille, au Moai Bleu, restaurant chilien en plein Paris ?
Retour sur le premier scoop d’un jeune journal culturel, fondé en septembre 2015, et explications sous forme de notes à la volée, pour répondre à quelques commentaires.

Benoît Hamon, vendredi 24 février 2017, au Moai Bleu, à l’issue de son dîner avec Jean-Luc Mélenchon © Diacritik
Benoît Hamon, vendredi 24 février 2017, au Moai Bleu, à l’issue de son dîner avec Jean-Luc Mélenchon © Diacritik

Alors que dans la journée même chacun prétendait avoir un agenda chargé et contrariant, ne leur permettant pas de pouvoir songer à se rencontrer avant lundi, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon se sont rencontrés avant-hier soir, vendredi 24 février, au cœur de Paris assez longuement. Les Gauches commenceraient-elles à s’unir ?

Benoît Hamon, pas encore interrompu
Benoît Hamon, pas encore interrompu

Malgré lui, hier soir, dans l’euphorie nue de sa victoire, Benoît Hamon a été le candidat de la coupure – l’homme politique inattendu, celui, décidément sans image, qui ne doit pas parvenir à l’image elle-même, qui doit se voir coupé de la télévision.
De fait, alors que, vers 21h, un triomphe sans appel le portait, de juste raison, à être enfin le candidat inespéré d’un PS moribond et à refonder, l’homme qui entamait son discours sous les micros et les caméras éberlués des télévisions qui, en dépit de toutes leurs caméras de surveillance, ne l’avaient pas vu venir et ne l’avaient pas regardé, Benoît Hamon donc a été coupé.