Dix ans, une demi-génération, une miette au regard de l’histoire, un abîme si l’on considère les reculs et les renoncements en nombre que nous ne pouvons que constater depuis une décennie. Depuis ce mercredi terrible de janvier 2015 qui a marqué le début d’une série d’actes terroristes qui coûtera la vie à 17 femmes et hommes et fera 18 blessé.e.s parmi la rédaction de Charlie Hebdo, dans la rue, parmi les otages de l’Hyper Casher ; depuis ce déchaînement de balles tragiques, qu’est-ce qui a changé ?
Attentat Charlie Hebdo
Le procès des attentats de janvier 2015 a commencé le mercredi 2 septembre au Palais de justice de Paris. Un procès pour l’histoire lit-on partout. Un procès pour les vivants, pour les victimes et leurs familles ; un procès qui fait resurgir la douleur, le souvenir, l’horreur, l’injustice. Cette semaine, Diacritik vous propose de revenir sur des œuvres qui, frontalement ou en creux, parlent de Charlie avant « Je suis Charlie », des traumatismes, de l’après et de la reconstruction impossible et nécessaire. Parce que ces livres, ces albums, ces dessins, ces entretiens sont à la fois témoignages, traces, mémoire, histoire(s). Aujourd’hui : Le Lambeau, de Philippe Lançon.
Comment reprendre l’ascendant sur sa propre vie moins parce que l’on a été victime d’un attentat, la tuerie de Charlie, que parce que l’on est devenu un patient ? Telle est la question centrale du Lambeau de Philippe Lançon (Gallimard) qui vient d’être couronné du Prix Femina 2018 (et le 7 novembre prix spécial Renaudot)