Lorsqu’on évoque les écrivaines algériennes, le pluriel est rarement au rendez-vous et, au mieux, un seul nom surgit dans la conversation, celui d’Assia Djebar, son élection à l’Académie française ayant étendu sa notoriété. Il est vrai que la littérature algérienne des femmes est un phénomène relativement récent. Représentée de 1945 aux années 70 par deux ou trois créatrices, elle s’est affirmée dans les années 80 et confirmée dans la décennie suivante. En ce début du XXIe siècle, les écrivaines sont nombreuses, dans les trois langues, arabe, français, berbère. Nous évoquerons ici essentiellement celles qui écrivent en français et sans prétendre à un panorama exhaustif, nous donnerons quelques idées de ce volet méconnu pour aider à diversifier les lectures de vacances, la littérature ayant une approche plus complexe du réel que les discours médiatiques.

Odyssèas Elỳtis
Odyssèas Elỳtis

À vous qui, comme moi, avant d’avoir assisté à la belle rencontre pensée et animée par la poète Marielle Anselmo à la Maison de la poésie de Paris, n’aviez jamais sérieusement lu Odyssèas Elỳtis (1911-1996 ; Prix Nobel de Poésie 1979), le poète de la résistance grecque et de la lutte pour la liberté, armé seulement de son lyrisme fougueux et de ses rêves de lumière, et qui considérait « la poésie comme une source d’innocence emplie de forces révolutionnaires » (Athènes, 27 mars 1972), je propose d’entrer dans son univers à la fois par le biais de la profonde voix de contralto de la chanteuse Angélique Ionatos, et des ouvrages Le Soleil sait (Cheyne éditeur, 2015, édition bilingue, choix et traduction d’Angélique Ionatos) et L’Espace de l’Égée (L’échoppe, 2015, traduction de Malamati Soufarapis). Je n’en suis toujours pas revenue.