Francie a huit ans lorsque sa vie bascule : la dépression de sa mère s’aggrave au point que la petite fille devra désormais vivre chez son oncle et sa tante. Dans Un papillon, un scarabée, une rose, qui vient de paraître aux éditions de l’Olivier dans une sublime traduction de Céline Leroy, Aimee Bender suit la vie de de son personnage, devenant adulte dans une forme d’exil à son enfance, construisant un univers de fantaisie propre à contrer la dureté du réel. Comme dans tous les livres de la romancière américaine, le lecteur se voit plongé dans un univers qui articule la poésie de l’imaginaire et la terrible acuité d’une attention au présent, quand celui-ci déraille.

Rose Edelstein vient d’avoir neuf ans. Pour son anniversaire, sa mère lui prépare un gâteau au citron. Jusque là, rien d’extraordinaire : mais lorsque la petite fille prend une bouchée « d’une belle couleur dorée », c’est la révélation. Elle ressent, exactement, les émotions et sentiments de sa mère cuisinant, son désespoir profond, son « vide », ses envies d’ailleurs.