Nombre de romans américains parus ces dernières semaines rappellent l’essor et l’âge d’or français de ce genre (XVIIIè-XIXè siècles), un avènement lié à sa capacité à absorber le chaos, à classer un réel qui dépasse tout entendement et à tenter, sinon de le comprendre, du moins de le penser.
Deux microgenres romanesques semblent dominants dans ces publications récentes : les physiologies et les dystopies qui mêlent science et fiction pour mieux pour embrasser, classer et dépasser le réel. Tour d’horizon avec Garth Risk Hallberg, Lionel Shriver, Wednesday Martin et John Feffer.

Huit ans avant de publier son best-seller annoncé City on fire (publié en France en 2016, désormais disponible en Livre de poche), Garth Risk Hallberg signait Vies et mœurs des familles d’Amérique du Nord, sorte d’encyclopédie d’une Amérique ordinaire, véritable physiologie, entée sur la vie de deux familles, les Hungate et les Harrison, voisins d’une banlieue de Long Island.