On ne connaît que trop ce tronçon de phrase d’Adorno : « Écrire un poème après Auschwitz est barbare ».
Samuel Macaigne
Trois ans avant qu’il ne partît dans la montagne pour rejoindre au Ban-de-la-Roche le bon pasteur Oberlin, étrangement bon d’une étrange bonté, Lenz distinguait encore, dans une lettre importante à Sophie de La Roche, les deux composantes opposées de la poésie : le Bildende, formateur et didactique, trop enclin au ton comminatoire et boursouflé, et le Tönende, lié à la musique sinon au chant.
« Le cri de la vie dans le chant du deuil avec la voix de l’amour » : cette formule de Jérôme Thélot pourrait servir de devise au recueil d’Antonella Anedda, Historiae.
« Qui peut encore, aujourd’hui, rencontrer des gens capables de raconter quelque chose avec rectitude ? » La question inquiète de Walter Benjamin, à une époque où « l’expérience a subi une chute de valeur », se pose encore lorsqu’il s’agit de définir la nature de celle proprement poétique, en particulier à l’heure où l’économie tout entière, sinon celle du livre, semble tenter d’en dévaluer la portée.
L’an dernier, les grands commémorateurs de tout poil et de toute brosse se sont enquis de célébrer la naissance du surréalisme. Pour en déterminer la date, instant lustral où l’étincelle doit allumer l’incendie, on a retenu celle de la parution du premier Manifeste, soit 1924.
Revue de poésie critique, Attaques croise des interventions (poétiques, artistiques, théoriques) d’auteur.e.s d’Europe, du continent africain et d’Amérique Latine, en confrontant les réalités et les modernités des différents continents, des différent pays et en réinterrogeant la notion d’engagement.