Chaque événement important – naître, mourir, devenir amoureux, tomber malade… – est à la fois parfaitement exceptionnel et terriblement banal. Chacun est unique et universel. Il existe pourtant quelques cas qui basculent manifestement d’un côté ou de l’autre. Le nazisme, par exemple, est une singularité absolue. En ce sens, il n’est justement pas un exemple. Il n’y eut qu’un nazisme dans l’histoire. Au contraire, le fascisme, même s’il réfère originellement à un moment politique spécifique de l’Italie du XXe siècle, présente certaines caractéristiques transhistoriques claires. Il y a une « essence » fasciste qui se manifeste ici et là et qui peut être reconnue. Ce qu’Umberto Eco nomme l’Ur-fascisme, le fascisme primitif et éternel.

Depuis son ouverture en novembre dernier, le Salò déploie du jeudi au dimanche ses « 120 nuits » selon son auguste et essentiel modèle pasolinien. Cette semaine, carte blanche pour nuit pareillement blanche est offerte à Christophe Honoré qui, du 9 au 11 février, de 22h à 6h, propose « un jeune homme épris de littérature » ou 3 jours de résidence pour un cinéma imaginaire, un théâtre réel, une lecture rêvée, des concerts vrais et un amour inventé.