Le quotidien britannique The Guardian a établi, avant que 2017 ne se termine, un classement (loin être exhaustif) de ce qu’il considère être les meilleures fictions publiées en 2017. En tête de ce hit-parade arrive, sans surprise pour les lecteurs de Diacritik, le Booker Prize, dûment considéré comme magistral, Lincoln in the Bardo de George Saunders. Lequel est suivi par la toujours surprenante Arundhati Roy (second roman vingt ans après The God of Small Things), The Ministry of Utmost Happiness.

C’est ce qu’on appelle communément un « beau livre » : quarante dessinateurs et scénaristes dont David B, Guy Delisle, Etienne Davodeau, Pascal Rabaté, Blutch, Miles Hyman, le regretté Tignous, Catherine Meurisse, Luz… Trente ans d’information illustrée, commentée par un collectif d’auteurs, trente événements qui ont fait l’actualité et dont les implications et conséquences résonnent encore aujourd’hui.

Hanif Kureishi (DR)

Hanif Kureishi est un romancier des corps, de la sexualité, un anatomiste du couple et des relations amoureuses, du désir — « l’anarchiste originel, le premier agent secret » (Intimité) — son dernier roman L’Air de rien (The Nothing), à paraître le 28 septembre prochain aux éditions Bourgois, le prouve une nouvelle fois.
Caustiques et en apparence désopilants, ses textes ont inspiré Stephen Frears — on lui doit le scénario de My Beautiful Laundrette ou Sammy and Rosie Get Laid (Sammy et Rosie s’envoient en l’air) — et Patrice Chéreau avec Intimité (Intimacy). Sous la comédie et l’ironie, ce sont les faux semblants de la comédie humaine qui sont mis en relief, comme dans Le Dernier Mot, satire du monde du livre et peinture au vitriol de l’Angleterre contemporaine.

Il y a des choses qui ne changent pas, qui ne changeront jamais, déclarait un personnage de Trente ans et des poussières de Jay McInerney, premier volume d’un massif romanesque centré sur les Calloway, les « fiancés de l’Amérique », émanation du New York bouillonnant des années 80. Mais, comme le sait déjà Russell, « la vie devient plus compliquée à mesure qu’on vieillit ».

Tierno Monénembo
Tierno Monénembo

Dans l’Algérie des années 1980, une femme fuit. Marquée d’une étoile au front, elle porte un enfant. Elle court, elle échappe à ses tortionnaires, elle emporte son nouveau né toujours plus loin, elle lutte pour survivre – seule. Zoubida, comme l’était la Nedjma de Kateb Yacine, est l’étoile du nouveau roman de Tierno Monénembo. Critique et entretien avec l’écrivain, réalisé à Conakry, le vendredi 23 décembre 2016.

Salman Rushdie
Salman Rushdie

« Le monde explosait autour de lui » : on est en 1989, l’année de la chute du mur de Berlin, de la libération de Nelson Mandela, des émeutes de la place Tien’anmen, et, le 14 février, de la fatwa que l’ayatollah Khomeini lança contre un écrivain, Salman Rushdie, et un livre, Les Versets sataniques. « Le fond de sa pensée était : je suis un homme mort. » Toute la vie de Salman Rushdie se recompose à partir de cette date qui ouvre Joseph Anton, lui imposant une relecture de sa propre vie.